Les réseaux sociaux ne créent pas de candidats

Publié le 22 mars 2012 par Thierry Delorme @Thierry_Delorme

D’un côté, des candidats qui cherchent et ne trouvent pas. De l’autre, des entreprises qui cherchent et ne trouvent pas… Un service qui consisterait à mettre en contact direct les entreprises et les candidats, ça, ce serait formidable ! Et les sites internet emploi sont nés.

Mais aucun service n’est parfait et, au bout de quelques années, entreprises et candidats sont de nouveau entrés en désamour avec, d’un côté, des candidats qui cherchent et ne trouvent pas et de l’autre, des entreprises qui cherchent et ne trouvent toujours pas (étude opinion way de février 2011)…  

Et les réseaux sociaux (professionnels) sont nés et se sont créés une place –a minima 2.0 – sur le marché du sourcing et du recrutement !

  

Sans préjuger d’un désamour futur ni du devenir des réseaux sociaux, je m’interroge sur les raisons de cette situation. Candidats et entreprises cherchent-ils vraiment et correctement ? La réponse ne fait aucun doute. Les candidats cherchent-ils tous les mêmes offres au  détriment de nombreuses autres peut être moins visibles ou moins attractives qui restent sans réponse ? C’est une hypothèse. Existe-t-il une inadéquation entre les aspirations des premiers et les offres des seconds ? C'est possible, comme nous le suggère une étude TNS de février dernier.

Cette étude souligne que les salariés des grandes entreprises, occupant donc un emploi, rêvent majoritairement d’en changer (84% des moins de 25 ans et 72% des moins de 35 ans). Faut-il y voir la seule préoccupation de l’employabilité future ou l’insatisfaction latente vis-à vis de leur métier actuel ? De salariés actifs, les voilà devenus candidats passifs qui viennent donc grossir les rangs des candidats actifs qui cherchent et ne trouvent pas…

Cela devrait logiquement faciliter la tâche des entreprises dans leur recrutement et résoudre pour le moins la problématique côté entreprise ! Et les outils de mise en relation à disposition des candidats sont désormais  sociaux, interactifs et accessibles (à tous ?) ce qui devrait résoudre la problématique côté candidat. Oui mais voilà, il y a un hic !

Les outils créent des échanges et accélèrent les contacts. Ils permettent même désormais de les approfondir. Mais il y a une chose que les outils ne créent pas : l'envie, l'histoire, les motivations et le parcours de chaque individu. Et même si ces outils permettent sans doute de mieux raconter ou de raconter cette histoire de façon plus personnelle, les candidats actifs ou passifs présents sur ces outils sont bien réels et leur nombre n'augmente qu'au seul rythme d'une nouvelle génération sur le marché de l'emploi.

L'effet générationnel, de nouvelles générations très à l'aise avec l'outil, s'efface malheureusement devant l'incertitude conjoncturelle qui conduit trop souvent les entreprises à privilégier le recrutement de jeunes professionnels avec une première expérience (voir les difficultés des jeunes diplômés dans la recherche de leur premier emploi de l'étude Apec ou de RegionsJob, sans parler de l'ensemble d'une génération entrant sur le marché du travail pour laquelle l'horizon se détériore au rythme du taux de chomâge...).

Car ces nouvelles générations sont déjà présentes sur les job boards. Elles utilisent désormais les réseaux mais éprouvent toujours autant de difficultés pour décrocher leur premier emploi. Les réseaux sociaux créent des opportunités de mise en contact. Ils ne créent toutefois pas de candidats. Mais ils pourraient bien créer de nouveaux emplois. En effet, la filière internet devrait permettre la création de 450 000 emplois directs et indirects en France d'ici 2015, selon une étude du cabinet McKinsey & Company.

Espérons simplement que ces nouveaux emplois trouveront des candidats !