L'adresse est discriminatoire à l'embauche


Faudra-t-il supprimer le CV pour mettre fin aux discriminations? Dans un rapport remis mardi au ministre français de l'Immigration , Éric Besson, le bureau d'études Deloitte souligne combien le nom, mais aussi l'adresse peuvent porter préjudice à des candidats. Ces critères se conjuguent souvent. Des villes entières sont stigmatisées par les recruteurs, qui leur associent des publics en difficulté. Des testings montrent qu'un candidat portant un nom français est très largement écarté des entretiens d'embauche pour un poste de comptable, s'il vit dans une cité.Lire la suite l'article
«Les entreprises de ma commune se méfient clairement d'un certains nombre de cités voisines lorsqu'elles embauchent» juge Marc-Antoine Jamet, maire du Val-de-Reuil, une ville duale où coexistent en s'ignorant des quartiers de grande pauvreté et une zone d'activité et par ailleurs secrétaire général de LVMH. «Les recruteurs cherchent toujours la sécurité, la tranquillité» reconnaît à regret, Henri Lachmann, qui préside le conseil de surveillance de Schneider.Pour contrer ces préjugés et leurs conséquences délétères, le cabinet Deloitte (sollicité par le Conseil d'analyse stratégique pour réaliser l'étude commandée par Eric Besson lorsqu'il était à la prospective), propose d 'introduire dans la loi un nouveau motif de discrimination, le lieu de résidence. La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité ( Halde ) y réfléchit déjà. Car deux villes pauvres de la banlieue parisienne, la Courneuve et Grigny l'ont sollicité, estimant que leurs habitants subissaient collectivement une discrimination.La Halde a reconnu une situation de relégation. Mais il reste difficile d'en imputer la responsabilité à des individus. Le collège de la Halde estime que la discrimination socio-économique de territoires est difficilement judiciarisable. Quant à interdire la prise en compte de l'adresse dans les actes de la vie…. cela mettrait en difficulté le commerce et toutes les politiques de ... lire la suite de l'article sur lefigaro.fr