Une tentative de suicide pour la rentrée, ça c'est fait.

teenage_angst__suicide__by_saccharinesmile

Dans la catégorie "les pires rentrées des eneignants", je crois que j'ai battu tout le monde. Je ne sais même pas quoi dire, mes idées s'embrouillent, ma mémoire est floue.

J'étais satisfaite de cette affectation, mais ce n'est en fait vraiment pas le type de poste à donner à quelque qui sort (en suis-je sortie?) du burn-out.
J'ai passé ma matinée de vendredi dans une école, le lundi dans mon école de rattachement. J'ai dû jongler entre 3 collègues toute la journée... se référer à mon message sur la page FB :

En état de surcharge cognitive. Première journée, pas encore d'élèves, je me sens déjà épuisée mentalement. 
Jonglerie entre 2 écoles, 4 collègues, 5 niveaux différents (j'en ai 2 de moins que prévu c'est déjà ça...), organisation de chacun... Mémoriser les détails sur chacune des classes, se rappeler de qui veut ça ou a dit ci et si j'ai pas oublié de demander tel truc à bidule. 
Des idées pour les classes mais aucune prép' de faite, je vais me cogner ça dans la soirée et toute la semaine alors que c'est à peine si je me souviens de comment je m'appelle tellement mon cerveau n'en peut plus et n'arrive plus à se concentrer. 
Voilà encore une des joies de l'Education Nationale, le tout au dernier moment et dans la précipitation (mais attention il faut bien faire!). Impression de me revoir il y a 3 ans. Très bon début pour reprendre après un mi-temps thérapeutique et quand on a un traitement qui joue sur la concentration.
Envie de pleurer, de quoi je n'en sais rien : de fatigue? De colère? D'angoisse? De peur ? ...?

J'ai passé ma soirée à faire des prép, je ne savais plus où donner de la tête, j'ai terminé vers minuit-1h. Complètement angoissée, me disait que je ne serais jamais prête. Je me suis envoyée plusieurs anxiolytiques ou antidépresseurs pour "décrocher" comme le ferait un drogué... Le réveil sonne je ne l'entends pas, c 'est mon copain qui me sort du lit. Je me sens épuisée, je voulais arriver en avance pour préparer la classe mais je n'ai pas pu... embouteillages...
Quand je suis arrivée j'essayais de mettre mes affaires en ordre et tout préparer mais les élèves commençaient déjà à arriver, avec leurs parents qui me posaient des tas de questions auxquelles j'étais incapable de répondre car j'avais fini par tout mélanger.
J'arrive à gérer les élèves mais ma mémoire est confuse, je ne sais plus ce que j'avais prévu, incapable d'improviser, toujours à vérifier le cahier journal...Puis j'ai commencé à me sentir très mal, j'avais des vertiges, je titubais... Je me souviens m'être penchée près d'un élève pour vérifier ses affaires et tomber comme une grosse MERDE par terre, j'avais l'impression de ne plus avoir d'équilibre mais je me posais pas plus de questions que ça.

A midi je me rends dans ma voiture... comme je fais souvent pour fumer (attention pas bien de voir une maikresse fumer), manger, écouter de la musique, me détacher du travail... Stressée par cette matinée, je me jette sur mes médicaments, mauvaise idée. Sammy et moi étions en train d'échanger des messages et d'un coup, je ne sais pas ce qui s'est passé. Le trou noir. Je me réveille à 15h, la pomme que j'étais en train de manger toujours dans la main! C'est la panique...
Je vais voir la directrice, elle avait déjà appelé quelqu'un pour me remplacer... J'avais honte, je crois que c'est dans le top 10 des hontes que j'ai pu avoir.
Je suis rentrée chez moi, là j'étais en CP, il fallait que je prépare le CM1 (qui est à mon goût plus chiant), j'étais incapable de faire quoique ce soit. Je ne peux pas dire beaucoup plus car je ne me souviens pas de grand chose. Je n'ai rien préparé du tout. Je ne sais même plus ce que j'ai fait, j'en pouvais plus, tout était embrouillé dans ma tête et pas vraiment eu quelqu'un pour m'aider...
Premier jour c'est déjà la merde, j'ai honte, j'ai trop de truc à gérer je ne tiendrai pas, j'en peux plus, je pensais que je commençais à m'en sortir mais non. 

J'ai fait mine d'aller me coucher, j'ai écrit un mot et j'ai avalé tous les médicaments que j'avais sous la main. Aujourd'hui je me lève avec douleur atroce dans tous mes muscles, je ne me souviens de rien, incapable de tenir debout... Voilà, cette journée je l'ai passéé au lit. 6è fois que je fais le coup. J'ai encore du mal pour taper au clavier, avoir les idées claires... donc je m'excuse d'avance, je rectifierai plus tard.

Voilà le mot en question :Perdue. Trop de souffrance depuis trop longtemps. Risque de finir en HP. Peur que mes proches me laissent tomber. Ca allait beaucoup mieux, il a fallu que l'EN me donne 4 classes, 2 écoles, 6 niveaux pour sortir d'un mi-temps thérapeutique. Ils m'ont détruite. Je ne sais pas ce que je fais. Je ne veux pas mourir mais je n'ai pas d'autre choix que d'aller bosser dans cette prison dorée si je veux payer logement etc..
Me sens seule, incomprise, je risque de perdre *nom de mon copain * . Je suis perdue, je suis fatiguée. Deux ans et demi que ça dure. Je suis fatiguée, personne ou presque pour m'aider à trouver autre chose. Je veux pas l'HP mais je me sens incapable de travailler. J'ai peur de voir mon médecin et de me prendre un savon (6è fois je rappelle). *nom de mon copain* ne veut plus de ça, mes parents sont fatigués, les psy ne font rien. J'en ai marre de cette souffrance, impression qu'on ne m'écoute pas vraiment, ne me prend pas au sérieux. Tout ça pour un travail. Trop de choses en même temps, surcharge, ne sais plus quoi faire, pas envie de mourir, envie d'oublier, de débrancher. Je suis comme un drogué qui prend sa dose pour fuir la réalité, c'est pitoyable. Je hais l'EN, j'espère qu'ils paieront un jour. Je vous aime mais je ne sais plus quoi faire, je veux oublier. J'ai honte de ce que je suis devenue. J'essaye d'aider les autres mais moi qui m'aide? Je veux qu'on sache tout ce que l'EN peut cacher. Je ne suis pas la seule dans cette situation.

Voilà où m'a menée l'EN et où elle en mène beaucoup d'autres, mais qui en parle? Personne, ça ferait trop tâche. Les burn out, démissions, dépressions, suicides... qui en parle? Il faut qu'un prof aille jusqu'à se foutre en l'air à son boulot pour qu'on en parle! Et bien sûr il n'a pas fait ça à cause du boulot! Non, c'est très logique de se suicider sur son lieu de travail c'est vrai.
Je me sens toujours très mal, les effets des médicameents s'estompent un peu, je culpabilise, j'ai trop mal, je me sens malheureuse. J'ai dormi toute la journée, enfin, je crois, et suis restée debout la nuit. Je ne sais même pas comment ça va se passer avec mes proches, j'ai si honte, j'ai peur de les affronter. Tout ça n'aurait jamais eu lieu si l'education nationale ne m'avait pas broyée.

Désolée pour les erreurs/incohérences, j'ai encore les effets de la surdose de médicaments...
Kity K