La concentration, le début du bonheur ?

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La concentration, le début du bonheur ?

En 2010, deux psychologues de Harvard, A. Killingsworth et Daniel T. Gilbert, ont mené une expérimentation innovante sur le bonheur[1] : via une application smartphone, ces derniers ont contacté plus de 2 000 personnes et leur ont demandé comment elles se sentaient (sur une échelle de 0 à 100) et ce qu’elles faisaient au moment où elles avaient été contactées.

Fait étonnant : environ la moitié des personnes interrogées ont déclaré que leur esprit vagabondait et ne pas être concentrées sur ce qu’elles faisaient.

L’analyse des réponses reçues a permis aux chercheurs de tirer une conclusion claire : les personnes interrogées en train de réaliser une tâche précise et concentrées sur leur tâche ont déclaré des niveaux de bonheur plus important que ceux qui se disaient en train de rêvasser. De plus, les chercheurs n’ont pas trouvé de corrélation entre le bonheur déclaré et le caractère agréable des tâches réalisées. Pour résumer : le fait de ne pas être concentré sur une tâche et de rêvasser rendrait moins heureux sur le court terme !

Les deux psychologues offrent un début d’explication : être concentré sur une tâche permet de se sentir investi et utile et de donner un sens à son temps. Au contraire, laisser son esprit vagabonder expose au doute et aux pensées négatives.

Attention cependant à ne pas disqualifier complètement la rêverie ! Laisser son esprit vagabonder a aussi des aspects positifs : comme l’a montré Jonathan Schooler dans plusieurs de ses travaux[2], laisser ses pensées dériver développe la créativité et facilite la résolution de problème complexe. In fine et sur le long terme, la rêverie serait donc aussi une source de bonheur.

Si elles ne nous donnent pas la solution ultime au bonheur, ces études nous montrent une chose : concentration et rêverie peuvent toutes les deux être bénéfique à notre bien-être, dans une temporalité différente. L’idéal serait donc d’être attentif à quotidiennement favoriser les deux.

Comment favoriser la concentration ?

  • Apprendre à se déconnecter

L’omniprésence des NTIC dans nos activités professionnelles endommage fortement notre concentration. Pour profiter de moment de réelle concentration, il est donc primordial de se réserver des temps de travail protégés des distractions que peuvent représenter les emails ou autres notifications.

  • S’investir dans des activités que l’on apprécie et pour lesquelles on est bon

La concentration la plus optimale vient avec la motivation et la sensation de défi ou encore de réussite. Pour profiter des bénéfices de la concentration, forcez-vous à réaliser une activité dans lequel vous êtes performant ou qui vous plait !

Et la rêverie ?

Malgré les deadlines et la pression, réservez-vous du temps pour laisser votre esprit vagabonder. Les études menées par Jonathan Schooler suggèrent que les périodes les plus propices sont la réalisation de tâches simples ne demandant pas d’investissement mental particulier.

Références :

[1] A Wandering Mind Is an Unhappy Mind, Matthew A. Killingsworth, Daniel T. Gilbert, Science, 2010:

Vol. 330, Issue 6006, pp. 932.

DOI: 10.1126/science.1192439

[2] Dont la recherche collective suivante : Inspired by distraction: Mind-wandering facilitates creative incubation, Baird, B. Smallwood, J., Mrazek, M.D., Kam, J., Franklin, M.S.& Schooler, J.W, Psychological Science