Travailler en Arabie Saoudite

Travailler en Arabie Saoudite

Travailler en Arabie Saoudite

Arabie Saoudite : la saoudisation des emplois en marche

L’Arabie Saoudite est confrontée à un enjeu majeur : 30% des 16-30 sont au chômage et 1,9 millions entreront dans le marché du travail dans la prochaine décennie.

De plus, le niveau de vie a chuté au sein du Royaume : les rentes du pétrole ont fortement diminué, le secteur public (qui absorbait l’essentiel des emplois occupés par les nationaux) s’est réduit et la croissance démographique a été deux fois supérieure à celle du PIB entre 1990 et 2005.

Face à cela, le pays s’est lancé dans un vaste chantier de saoudisation de son secteur privé depuis le début des années 2000. L’objectif est de remplacer progressivement les travailleurs expatriés qui occupent 70% des emplois du secteur public par des nationaux.

Cette politique s’est matérialisée à travers plusieurs dispositifs. Le programme Nitaqat, entré en vigueur en 2011, soumet les entreprises de plus de 10 salariés à un quota de 5 à 30% d’effectifs nationaux. Si ce taux n’est pas atteint, les entreprises se voient imposer des contraintes administratives (non renouvèlement des permis de travail par exemple). La nationalisation simple des emplois de certains secteurs peut être également décrétée. Ainsi, fin 2016, le secteur de la distribution de téléphones portables a été saoudisé impactant fortement la communauté indienne. Outre les conséquences sur les expatriés et leurs familles, ces politiques génèrent une réelle inquiétude dans leur pays d’origine, fortement dépendant de la diaspora.

Un levier pour la féminisation

Dans certains domaines, cette préférence nationale se double d’une exigence de féminisation. Depuis 2012, les emplois dans la vente de produits destinés aux femmes (notamment le prêt-à-porter, la lingerie et les cosmétiques) doivent être occupés par des femmes. Les arguments de cette féminisation sont paradoxalement conservateurs : la pudeur et la non-mixité. En effet, cette mesure a été appuyée par des mouvements de consommatrices comme en 2010 l’appel au boycott lancé par Reem Asaad (militante et analyste économique) baptisé “Non aux vendeurs de sous-vêtements en Arabie saoudite”.

Outre cet épiphénomène, la question de la féminisation des emplois est un réel enjeu en Arabie Saoudite. En effet, les femmes représentent 60% des diplômés du supérieur et moins de 15% de la population active soit un vivier significatif de compétences.

Autre argument, le travail féminin est en passe de devenir une nécessité. Le coût de la vie ayant considérablement augmenté ces dernières années, les ménages moyens ne parviennent plus à subvenir à leur besoin avec un seul salaire.

Pour aller plus loin :

Rapport Stratfor, Taking Another Stab at Saudization, 12/09/2016

https://www.stratfor.com/analysis/taking-another-stab-saudization

Akbar Ponani, « ‘Saudization’ of sales jobs in the country hits the Indian community », The Times of India, 20/09/2016

http://timesofindia.indiatimes.com/nri/citizen-journalists/citizen-journalists-reports/akbar-ponani/Saudization-of-sales-jobs-in-the-country-hits-the-Indian-community/articleshow/54415146.cms