Les effets de la méditation sur le cerveau

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Les effets de la méditation sur le cerveau

Tout apprentissage entraîne un changement de fonctionnement du cerveau. On ne s’en rend pas forcément compte, mais c’est bien ce qui se produit quand on apprend ses tables de multiplication, une langue étrangère… ou bien quand on pratique la méditation.

Que se passe-t-il scientifiquement parlant dans l’enceinte de notre boîte crânienne lorsque l’on se livre à cette activité ? Dans quelle mesure la pratique de la méditation modifie-t-elle notre cerveau et notre façon de penser ?

Ses deux formes principales sont la méditation focalisée (où l’on fixe un objet précis sur lequel on concentre toute son attention afin de se détacher des parasites du monde extérieur) et la méditation de pleine conscience (où l’on s’attarde au contraire sur toutes les émotions internes et les multiples sensations externes en acceptant consciemment leur présence et sans se laisser affecter par leur nature).

Du côté de la science, certaines études ont comparé l’activité cérébrale de personnes au repos et d’individus en méditation focalisée. Le cerveau au repos, même s’il n’est engagé dans aucune action cognitive, présente une activité se mesurant à environ 5 Hz (ondes thêta), ce qui est son régime de base. Les zones cérébrales en activité vont « du cortex préfrontal médian aux cortex pariétal inférieur et temporal supérieur et incluant le cortex cingulaire postérieur » précise Christian Marendaz, professeur de neuropsychologie cognitive au Laboratoire de psychologie et neuroCognition du CNRS et auteur de Peut-on manipuler notre cerveau ? (Le Pommier, 2015). En matière de méditation focalisée, ce sont les mêmes régions cérébrales qui vont être activées. « Le cortex cingulaire est connu pour être impliqué dans des fonctions supérieures comme le contrôle de soi, la concentration sur la résolution d’un problème, la reconnaissance de nos erreurs. » ajoute le professeur Marendaz.

Neuroscientifique à l’hôpital du Massachusetts et à la Harvard Medical School, Sara Lazar a démontré avec son équipe dans une étude en 2011 que la méditation augmente le volume de matière grise. Après 8 semaines d’apprentissage et de pratique de la méditation par des débutants, le renforcement cérébral a été observé dans les régions du cortex cingulaire postérieur (contrôle de soi), de l’hippocampe gauche (apprentissage, mémoire, régulation émotionnelle), de la jonction temporo- pariétale (empathie et compassion) et même de l’amygdale, responsable en partie du sentiment de peur et d’anxiété.

Tous ces résultats scientifiques viennent compléter et corroborer les recherches entamées dans les années 1980 par l’Institut Mind and Life, créé par Francisco Valera et Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama. En ce sens, la nouvelle étude de Richard Davidson, Antoine Lutz et Matthieu Ricard publiée en novembre 2014 dans la revue Scientific American rappelle que non seulement la méditation modifie bel et bien le cerveau à l’échelle de l’individu, mais que la démocratisation de sa pratique (notamment dans les hôpitaux, les écoles, les entreprises) peut « améliorer la santé et le bien-être » d’un groupe très élargi d’individus.

Ainsi, il est scientifiquement prouvé que la pratique de la méditation en parallèle de notre vie professionnelle améliorerait non seulement notre bien-être, mais aussi nos facultés d’apprentissage et de mémoire, nous rendant ainsi plus performants et mieux disposés à travailler sereinement. A vous de jouer !